« Oiseau Bleu » au Festival des arts de Printemps à Kaohsuing

Le 16 et 17 mars à Kaohsiung

 

« Oiseau Bleu » du Collectif de Quatre Ailes à Taiwan pour la première fois.

 

L’histoire
A partir de la pièce L’Oiseau bleu, écrite en 1907 par Maurice Maeterlinck, le spectacle retrace l’odyssée de deux enfants, Tyltyl et Mytyl, en quête de l’oiseau bleu qui promet à celui qui le capture un bonheur immédiat et éternel. Pendant leur sommeil, sous la forme d’un rêve-voyage, la poursuite de l’oiseau bleu crée des expériences décisives qui les transforment à leur insu. Les lieux visités sont chaque fois l’occasion d’une révélation importante. Chaque séquence renverse les idées reçues : la vérité se montre toujours à l’exact contraire des apparences. L’oiseau bleu, quant à lui, demeure insaisissable. Dès qu’ils pensent l’avoir capturé, celui-ci s’échappe, change de couleur ou meurt. Une ultime
péripétie fait resurgir l’oiseau bleu au moment où l’on ne l’attendait plus, au lendemain, dans la maison même des enfants. « Nous sommes allés si loin et il était ici », s’écrient-ils à leur réveil. Ainsi les enfants vont-ils redécouvrir comment sont réellement leur maison, la vie qu’ils mènent, la profondeur de l’amour de leurs parents… « Il faut savoir regarder » : telle serait la leçon de L’Oiseau bleu.

Privilégiant une approche contemporaine, nous nous sommes nourris des grandes questions philosophiques que soulève la pièce pour écrire notre version de l’Oiseau Bleu. Nous sommes également inspirés des nombreuses variantes qui ont été crées notamment le film d’animation Russe de Serguei Livanov L’Oiseau bleu.
La pièce originale
L’Oiseau bleu est une pièce de théâtre en six actes et douze tableaux écrite en 1908. Elle est représentée pour la première fois dans une mise en scène de Constantin Stanislavski au Théâtre d’art de Moscou, où elle est toujours au
répertoire. Novatrice dans la scénographie et dans la direction des acteurs, cette mise en scène a été reprise dans les capitales du monde entier et a assuré à Maeterlinck et à Stanislavski une renommée internationale. A Paris, la pièce est reprise en 1911 dans une mise en scène de Réjane imitant scrupuleusement celle de son auteur. Elle est aujourd’hui traduite dans plus de 25 langues.
Engendrant une véritable Blue Bird mania, la pièce a connu plusieurs adaptations et de nombreuses variantes aux Etats-Unis, en Angleterre, en Russie et au Japon, où elle est inscrite dans la mémoire collective et populaire. Au même titre que Peter Pan, de James Matthew Barrie, L’Oiseau Bleu est devenu un mythe. Au cinéma, les films de Maurice Tourneur (1918), Walter Lang (1940), George Cukor (1976) et Gust Van den Berghe  (2010)  sont les plus célèbres.
Quelques films d’animations ont été produits, comme celui du Russe Serguei Livanov (1970), et le manga en 26 épisodes de Leiji Matsumoto et Hiroshi Sasagawa (1980). Un opéra composé par Albert Wolf d’après la pièce originale a été créé au Metropolitan Opera de New York le 27 décembre 1919. Paul McCartney et les Wings chantent en 1972 I’m a Blue Bird. La Japonaise Mikuni Yanaihara crée en 2007 une pièce dansée inspirée de L’Oiseau bleu, où sept chercheurs ont pour mission de trouver le dernier oiseau bleu du monde. La pièce est reprise par la compagnie pluridisciplinaire américaine Witness Relocation au CSV à New York en 2009.

 

INTENTIONS DE MISE EN SCENE par Michaël Dusautoy 
« Le théâtre immobile de Maeterlinck doit transcender l’humain, pour atteindre une sérénité épique faisant quitter la terre pour le monde des rêves. », Meyerhold

Aborder un texte de Maurice Maeterlinck, c’est se poser la question « qu’est-ce que voir ? ». L’Oiseau Bleu parle d’un invisible qui est partout en toute chose. Il s’agit de « l’âme » des choses et de la nature. Cet invisible est donné à voir et à entendre par les comédiens qui, comme une sorte d’interface le temps de la représentation, permettent au spectateur de se connecter avec cette part mystérieuse. Bien sûr, Maeterlinck s’inscrit dans la veine mystique de son temps, mais lorsqu’il parle d’âme, il faut entendre la part poétique contenue dans chaque chose. C’est le poète, par son acte créateur, qui adjoint l’âme au visible, qui l’invente. En cela on peut l’opposer à la morale chrétienne qui circonscrit exclusivement l’âme à l’Homme. Pour Maeterlinck, il n’y a pas de jugement moral. Chaque chose a de la valeur et peut prétendre à une dimension poétique et lumineuse. Dans cette conception, le théâtre symboliste dépasse ce qui est vu.

Le XXe siècle a vu le progrès technique atteindre des degrés tels dans les domaines de l’imagerie scientifique que le monde qui nous entoure semble avoir perdu ses mystères. Les rayons X, les échographies, les scanners… permettent de voir à l’intérieur des corps sans limites ; la télévision, les caméras de surveillance et Internet nous permettent de
suivre simultanément un événement qui se déroule à l’autre bout de la planète, réalisant ainsi le rêve d’une vison panoptique mondiale ; les satellites et les télescopes permettent à l’astronome de voir encore plus loin ; Google Earth nous donne la possibilité de voir en 3D les moindres recoins de la planète depuis chez soi… Dans cet ordre mondial où tout est donné à voir par le biais des écrans, rien, ni même l’invisible, ne semble échapper au regard. C’est pourquoi, face à ces écrans, j’ai eu envie en traitant cette pièce de poser la question : est-il encore possible de parler d’invisible et de le concevoir ?

Mettre en scène L’Oiseau bleu dans un contexte contemporain, c’est détourner des techniques de leur utilisation scientifique ou commerciale pour révéler leur part poétique. Pour dépasser l’enjeu du texte original qui consiste à faire voir l’invisible à travers le corps de l’acteurs (l’âme du pain, du sucre…) je souhaite confronter Tyltyl et Mytyl à d’autres
vecteurs d’images. Maeterlinck, dans son essai Pour un théâtre d’androïdes, pensait qu’il était possible de remplacer l’acteur par « une ombre, un reflet, une projection de forme symbolique ou un être qui aurait les allures de la vie sans avoir la vie » comme les « figures de cire » des musées. En jouant avec les technologies contemporaines comme la vidéo, les capteurs ou la 3D, il s’agira de dépasser les préjugés et les lieux communs pour voir autrement.

 

Plus d’information ici (en chinois)

 

DATE

le 16 mars à 14h30 et 19h30

le 17 mars à 14h30

LIEU

Centre d’art Dadong à Kaohsiung

No.161, Guan-Yuan Road, Fong Shan District, Kaohsiung

高雄市鳳山區光遠路161號

 

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